vendredi 24 mars 2017

Compte-rendu du 80e jour

D'un jour à l'autre, d'un bénévole à l'autre le lien se tisse avec les personnes de la rue accueillies pour l'Hiver solidaire à Saint-Vincent-de-Paul. 
Le compte-rendu du matin, comme un passage de relais, témoigne chaque jour de ces moments partagés.

Jeudi 23 mars, Davide, Benoît, Roland et Stéphane ont accompagné Alain G, Alain N, Cédric, Mohammed & Rabah. 


Danseuse Créole, 1951, Henri Matisse
(1869-1954), marouflage, papier collé,
peinture sur toile, 120 x 205 cm,
Nice, musée Matisse
«20h00 Plus de Philippe, et toujours les mêmes retardataires.
On passe à table avec Davide qui nous a amené sa plus belle création : Bianca, sa fille.
Nous dévorons en entrée une énorme salade, et déjà Alain N et Mohamed vont se coucher.
Nous passons à un gratin de pâtes, et à la pause cigarette.
Rabah nous racontera qu’il fume sa cigarette en marchant sous le préau, 73 pas à l’aller mais seulement 70 au retour !
Un nouveau test devait avoir lieu après le dessert, mais nous n’en avons pas eu les résultats.

Les non-fumeurs s’engagent dans les conversation les plus diverses. Nous découvrons ainsi que Stéphane, séminariste arrivé cette année au presbytère et qui fait son premier HS, est originaire de l’île Maurice. Un petit tour de créole local et le dépaysement est total.
Le Dessert préparé par Benoît, autre séminariste présent ce soir, et qui fait lui aussi sa première visite à HS, comble les derniers présents, et se terminera au petit déjeuner. Tisane, vaisselle, et longue discussion avec Cédric puis dodo.

Nuit tranquille, ponctuée par les petites toux.
Bref, presque la routine..
Réveil dès 6h30 pour Mohamed et dès 6h55 pour Alain N qui a un rendez-vous médical, et qui nous quitte non s’en avoir pris son café.

Mohamed nous quitte aussi mais un peu plus tard, vers 7h15, malgré la pluie qui commence à tomber.
Elle empêchera le reste du groupe de partir avant 8h00, et nous permettra de retrouver une nouvelle fois Damien, qui emmène Alain G chez les Petites Sœurs des Pauvres de Picpus.
Accepteront-elles de l’héberger ?»

Compte-rendu du 79e jour

D'un jour à l'autre, d'un bénévole à l'autre le lien se tisse avec les personnes de la rue accueillies pour l'Hiver solidaire à Saint-Vincent-de-Paul. 
Le compte-rendu du matin, comme un passage de relais, témoigne chaque jour de ces moments partagés.

Mercredi 22 mars, Véronique, Henri et Frédéric ont accompagné Alain G, Alain N, Cédric, Mohammed & Rabah. 

« Les accueillis sont présents à l’heure ; seul Rabah arrive un petit peu en retard. Dîner apprécié par tout le monde préparé par Véronique et Henri avec : Soupe verte au cresson, fanes de radis, laitue, pomme de terre échalotes, Spaghetti bolognaises et fromage râpé, Fromages & Salade de fruits (oranges, pomme et kiwi). Tisane.


Latitude 48.9333 - Phot-origami, 2016,
Pascale et Damien Peyret, Chantier photographique sur le
bassin aéroportuaire du Bourget - Photographies et
installations


Dîner agréable à 8 ; comme souvent, Mohamed et Alain D se couchent rapidement avant même la fin du dîner sans participer à la vaisselle. Nous discutons des nouvelles du jour et en particulier de l’attentat qui s’est produit hier après-midi à Londres ; nous évoquons le départ prochain d’Alain D qui est admis dans un hôpital à Saint-Ouen pour un mois. Nous discutons de l’information, du journalisme et des médias à l’heure des réseaux sociaux. Nous discutons de l’exposition des Peyret , de l’avion retrouvé de Saint Exupéry et enfin assez longuement de la disparition mystérieuse du vol Malaysian Airlines aidés par Véronique qui fut hôtesse de l’air au début de sa vie professionnelle. Discussion après la vaisselle plus animée à trois : Cédric, Frédéric et Henri sur les emplois fictifs.....
Nuit calme et sans problème particulier.
Alain D est à son habitude le lève-tard du groupe.
Au niveau des provisions : il faut du fromage, du beurre, ne pas apporter trop de pain
Levé 7H00, fermeture de la chapelle à 8H01. »

mercredi 22 mars 2017

Compte-rendu du 78e jour

D'un jour à l'autre, d'un bénévole à l'autre le lien se tisse avec les personnes de la rue accueillies pour l'Hiver solidaire à Saint-Vincent-de-Paul. 
Le compte-rendu du matin, comme un passage de relais, témoigne chaque jour de ces moments partagés.

Mardi 21 mars, Marion, Isabelle, Augustin et Bertrand ont accompagné Alain G, Alain N, Cédric, Mohammed, Rabah & Philippe. 

Une discussion, après 1560,
Mirabello di Antonio Cavalori (1520-1572)
huile sur bois, 24,5 x 41,5 cm,
Dijon, musée Magnin
« Nous avions invité Philippe à dîner, qui est venu avec grand plaisir semble-t-il. Nous lui avons proposé de repasser un soir, peut-être dimanche, et de proposer à Thierry de se joindre. On se serrera. 

Philippe semble très content de sa colocation (à Bercy). Il est dans un appartement partagé avec cinq autres personnes, et trouve son compagnon de chambre très sympa. Un petit succès. 
Le dîner a été très apprécié : crumble de tomates, purée et poulet rôti. 

La discussion animée (très animée) sur la politique, sans éviter le conflit d’idées (mais pas de personnes) ! 
Bon échange sur la présence associative, la lutte contre l’isolement, la possibilité ou non de faire bouger les choses : quelques problèmes qui en sont vraiment ! 

Classiquement les uns et les autres sont allés se coucher en ordre dispersé, d’Alain à Cédric, qui tient toujours bien le coup autour d’un café ou d’une tisane pour discuter encore…

La grande quantité de pain laissé le soir pour le matin s’accumule et est souvent perdue… Ne pas hésiter à remporter du pain quand il y a ce qu’il faut (Mohammed a juste besoin d’une demie baguette le matin pour un sandwich) 

Lever tardif pour Alain G, départ un peu après 8h. »

mardi 21 mars 2017

La solidarité à la louche...





Dimanche dernier, un grand dîner était partagé entre les bénévoles et les six personnes de la rue accueillies au sein d'Hiver Solidaire...




Ladle, 1996, Nigle Rolfe (vit et travaille 
depuis 1975 à Dublin). 
Épreuve gélatino-argentique, 
72,5 x 72,5 cm, Paris, Centre Pompidou 
Musée national d’art moderne
« C’était une soirée de fête, autour de la messe d’Hiver solidaire et du dîner ouvert, avec un peu plus d’une trentaine de personnes présentes. 

En ouverture de la messe, Corinne a donné son très beau témoignage sur hiver solidaire. Philippe a proposé d’applaudir à la messe, ce qui est une belle piste de réforme de la liturgie.
Thierry (accueilli l’année dernière) a spontanément complété la prière universelle d’un mot : « Faites –le ».

Le dîner a réuni dans la chapelle bénévoles, accueillis et anciens accueillis dans une belle ambiance. Yves nous a lu le cru 2017 de sa production littéraire : un sonnet sur hiver solidaire à l’image de son auteur, classique dans la forme et drôle sur le fond

Le père Quinson a remercié tous les participants d’HS cette année, absents et présents, en soulignant que cinquante nouveaux venus nous ont rejoints, ce qui est le signe de quelque chose. Il a proposé de réfléchir à une forme d’échange autour d’hiver solidaire, qui serait à l’avenir le prolongement spirituel de l’expérience.

Les tables pliées, les matelas en place, la chapelle s’est peu à peu vidée. Rabah nous a fait entendre sous la lune un guitariste algérien génial (plus précisément joueur de mandole), puis tisane et belle discussion sur la géopolitique avec Rabah, Alain et Cédric. On a alors fait le compte-rendu ensemble, voilà ce que ça donne :

- Alain, «Ça va être rapide : très bonne soirée, très bon repas, entre amis, et vive HS. Ne changez rien, prolongez jusqu’à la Pentecôte, et merci au cardinal Vingt-Trois d’avoir pondu ça ».

- Rabah : « Il a tout dit »

- Cédric : « Pareil, mais j’ajouterais qu’il manque une louche.»

Compte-rendu du 77e jour

D'un jour à l'autre, d'un bénévole à l'autre le lien se tisse avec les personnes de la rue accueillies pour l'Hiver solidaire à Saint-Vincent-de-Paul. 
Le compte-rendu du matin, comme un passage de relais, témoigne chaque jour de ces moments partagés.

Lundi 20 mars, Sophie, Laurence, Damien et Grégoire ont accompagné Alain G, Alain N, Cédric, Mohammed & Rabah.




Une rue de Paris en mai 1871 ou La Commune, 
1903-1905, Maximilien Luce, (1858-1941), 
huile sur toile, 225 x 150 cm, 
Paris, musée d’Orsay
« Repas : soupe de carottes des sables, paella revisitée, fromage et mousse au chocolat.
Alain G, Alain N, Cédric et Mohammed sont là à 20h. Rabah arrive peu après. Philippe a quant à lui rejoint ses nouveaux appartements du Foyer Aurore.

Dîner très apprécié de tous. 
La conversation passe de la préparation du couscous (c’est pas simple…) à l’historique d’Hiver solidaire à St Vincent de Paul. 
On évoque Pascal et Daniel, les accueillis disparus. 
Cédric nous indique qu’il y a aujourd’hui (de 12h30 à 18h30) au Palais Royal une initiative du Collectif « Morts de la rue » en mémoire des sans-abris décédés. 
Alain N et Rabah se couchent rapidement. Mohamed mène la vaisselle avec dextérité. 

Nous partageons ensuite café et tisanes. Plusieurs foyers de discussions se créent, dehors et dans la cuisine. Laurence puis Sophie nous quittent. 
Cédric parle un peu son métier de psychomotricien. Il dit aussi avoir trouvé une solution de logement pour l’après HS (chez un ami à Choisy-le-Roi). Extinction des feux à minuit.

Rien à signaler pendant la nuit si ce n’est les quintes de toux d’Alain G.
Réveil à 7 h (7h30 pour Alain N). Petit déjeuner politique, en écho au débat de la veille. Vaisselle, ménage, départ à 8h. »

lundi 20 mars 2017

«(...) et c’est déjà beaucoup.»



Dimanche 19 mars, à l'issue de la messe du soir précédant un grand dîner partagé entre tous les bénévoles et les six personnes de la rue accueillies, Corinne portait témoignage de son expérience au cœur d'Hiver Solidaire.


« Depuis 6 ans, au cœur sombre de l’année, nous tricotons avec Hiver solidaire, un assemblage hétéroclite et parfois improbable d’hommes et de femmes – accueillis et accueillants – qui vont petit à petit faire famille. 

Sainte famille dite aux cinq figures,
Nicolas Poussin (1594-1655), St Pétersbourg
Musée de l'Ermitage
De la famille, Hiver Solidaire a tous les bons côtés : les petits repas mitonnés (chacun sait qu’à la table d’Hiver Solidaire c’est dimanche tous les jours !), les discussions à bâtons rompus, les parties de cartes, les franches rigolades, l’écoute, l’empathie, la possibilité de se poser comme on est, de parler ou de se taire, le respect, la chaleur.

Comme dans une vraie famille, il y a aussi les petites frictions, les vrais coups de gueule, la vaisselle à laver, les matins mal réveillés, les bons jours et les mauvais.

Ce qui me bouleverse, année après année, c’est que ça marche plutôt bien, ce pari un peu fou de se poser ensemble. Année après année, très vite, on ne sait plus vraiment qui accueille qui, qui donne des forces à qui. On voit naître des affinités, de vraies solidarités, des soutiens fugaces et discrets. On partage simplement la parole et le silence, le chant des oiseaux au réveil après les ronflements de la nuit, les sujets légers et les questions graves, l’inquiétude et l’espérance d’un lendemain meilleur.

Année après année, on apprend un peu plus à oser la confiance, à risquer la bienveillance. On sait qu’on ne peut pas tout, et même le plus souvent pas grand chose d’autre qu’être là, mais ce partage de nos faiblesses et de nos impuissances, ce bout de route sur lequel nous cheminons ensemble nous rend tous un peu plus humbles, et c’est déjà beaucoup.»

jeudi 9 mars 2017

Compte-rendu du 64e jour

D'un jour à l'autre, d'un bénévole à l'autre le lien se tisse avec les six personnes de la rue accueillies pour l'Hiver solidaire à Saint-Vincent-de-Paul. 
Le compte-rendu du matin, comme un passage de relais, témoigne chaque jour de ces moments partagés.

Mercredi 8 mars, Marion, Laurence, Francis et Roland ont accompagné Alain G, Alain N, Cédric, Mohammed, Philippe & Rabah.


« 20h00, presque tous sont présents.
Notre petit monde s’organise et nous nous mettons à table avec l’arrivée de Rabah.
Marion nous propose une soupe de carotte, gingembre et miel que nous accompagnons de gressins en guise de croûtons.
Loup / Canis lupus, XIXe siècle,
Johan Wilhelm Palmstruch (1770-1811), Estampe,
Paris, musée national d'histoire naturelle.
L’arrivée de notre dernier convive, Philippe, est saluée par un cri de loup « aouhh » prolongé, qui sera le cri de la soirée.
La soupe finie, nous passons à un délicieux Mouton aux haricots blancs cuisinée par Laurence.
Le mouton venait de l’Himalaya… boucherie située au 99 faubourg St Denis.
Il était fondant (et non Fondue) suite à une cuisson de près de 4 heures dans son jus.
« aouhh »
Ce fut l’occasion d’une discussion intéressante sur le monde du cinéma et d’un scoop pour tous les cinéphiles.
Marion nous appris que l’ensemble des scènes d’intérieur du film La French, avec Jean Dujardin, qui se déroule en extérieur à Marseille, avait été tourné à Bruxelles ou la fiscalité est sympathique dès lors que des acteurs belges se partagent l’affiche.
Alain N nous quitta pour se coucher avant le dessert.
Un délicieux Fondant (et non Fondue) concocté avec 10 œufs et 400 grammes de chocolat, qui fit le régal de tous.
« aouhh » firent une nouvelle fois nos accueillis.
L’occasion aussi d’évoquer une nouvelle fois la Belgique et ses «cuperdons» que l’on trouvent dans la première « Épicerie Culturelle Belge » située à deux pas de nos appartements, dans une ancienne boutique de Corsets, au 234 rue du Faubourg Saint-Martin.
La tisane et le café du soir furent agrémentés par les chants de la Chorale jazzy du Mercredi soir.
La nuit fut sereine jusqu’à une toux matinale d’Alain G.

Réveil à 7 heures ( 7h30 pour Alain N qu’il fallut relancer plusieurs fois) café, premières cigarettes, vaisselle, ménage et fermeture des portes à 8h05.»